La CFDT pointe… les incohérences du pointage

Le pointage, c’est un système vieux de plus d’un siècle, mis en place notamment par Ford dans ses usines géantes.

Et ce sujet « se pointe » à nouveau en 2020 chez Safran HE, dès aujourd’hui et sans date de fin : en toute logique, on nous explique que nous allons mieux employer notre temps si nous consacrons plus de temps à pointer !
Les représentants de la DRH nous déclaraient au début de la crise à quel point les anomalies de pointage généraient un supplément de travail pour leurs équipes de la gestion des temps.
Ce sont les mêmes qui nous expliquent avec la plus grande simplicité, quelques semaines après, que leur futur système de multiples pointages quotidiens n’entrainerait aucun souci pour ces mêmes équipes !

Le « pointage nouveau » est arrivé…

… comme le Coronavirus : sans prévenir mais nous savons de qui il vient.
Nos dirigeants ne se sont pas bridés pour le faire éclore discrètement pendant la crise, au lieu de mettre en avant les compétences et la conscience professionnelle des femmes et des hommes de Safran HE, leur engagement auprès des opérateurs de transport sanitaire qui ont lutté au jour le jour pour sauver des vies, et au lieu de les féliciter dans leur action de troisième rempart dans la guerre déclarée contre la COVID.
Au contraire, nos dirigeants pointent du doigt les femmes et les hommes de SafranHE, pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas confiance en vous, en nous salarié(e)s de Safran HE !
La sécurité, il a fallu l’arracher mais nous l’avons obtenue, quant au dialogue social il n’est qu’illusion. Ce passage en force en est l’illustration !
Pour la première fois dans l’histoire, nous allons tous pointer ! Pour la CFDT c’est une pratique d’un autre temps !

Un mode de management soupçonneux et décourageant

Pour nos dirigeants, il est plus habile de ne pas pointer les difficultés pour une réparation, pour s’occuper d’un déviant, pour dénoncer les inégalités femmes-hommes, les problèmes d’organisation, le manque de pièces au montage, réduire l’absentéisme ou les RPS. Pour nos dirigeants, La solution à tous ces maux, est juste pointer son temps de repas pour certain ou sa présence sur le site pour d’autres.

Désormais, si tu prends un dessert, tu pointes 4 minutes de plus,

si tu vas au CE, c’est 12 minutes, si tu choisis un livre à la bibliothèque c’est 9 minutes. Si tu dis bonjour à un(e) collègue sur le trajet, et si tu as la malchance d’être à l’autre bout de l’entreprise, tu utiliseras ta pause pour le trajet…

Est-ce-que si les discussions du midi concernent le travail, des heures nous seront créditées ?

Ce passage en force laisse présager des combats syndicaux du futur pour défendre nos acquis sociaux et des heures de réunions avec les RH, pour arracher un coefficient jambes de petites tailles, de mastication lente ou un bonus pour les chaussures de ville vs chaussures de marche…
Tout pointer, tout fliquer est contre-productifet les récentes crises dans le secteur aéronautique l’ont encore prouvé. C’est prendre des risques pour la sécurité des vols, dégrader la qualité des produits et la qualité de vie au travail, augmenter les burn-out, favoriser les petites magouilles.
Tout pointer, tout fliquer, c’est de la défiance pas de la confiance !

A la CFDT nous sommes convaincu qu’à la fin, tout le monde finira par pointer les incohérences du nouveau système de pointage et les managers ne seront pas les derniers à le faire !